Le château

LE VESTIBULE

C’est par le vestibule que l’on accède aux intérieurs du château.
Long de 23 mètres, large de 6 mètres et haut de près de 6 mètres, il impressionne par ses proportions majestueuses.
Le célèbre architecte Coulomb a renforcé son caractère spectaculaire en y plaçant, sur la droite, un grand escalier à palier intermédiaire doté d’une élégante rampe en fer forgé menant au premier étage.
L’ampleur et la solennité de cet espace illustrent le goût de l’époque pour la mise en scène et la grandeur architecturale.
Le vestibule dessert notamment le Salon des Batailles et le Grand Salon, annonçant dès l’entrée la richesse et l’harmonie des intérieurs du Château des Ormes.

Vestibule et son grand escalier.
Salon des Batailles.

LE SALON DES BATAILLES

Situé à droite du vestibule, le salon des Batailles rend hommage aux hauts faits militaires du comte d’Argenson, ministre de la Guerre de Louis XV.Ses murs étaient autrefois ornés de grandes toiles du peintre Pierre Lenfant, représentant notamment la bataille de Fontenoy, victoire décisive de 1745.Ces tableaux, aujourd’hui dispersés, ont été remplacés par des panneaux décoratifs peints de scènes chinoises, témoignant de l’évolution du goût et du raffinement des décors au fil du temps.Témoin de gloire et de fidélité, l’histoire de ce salon rappelle combien le Château des Ormes fut, au XVIII siècle, un lieu de prestige et d’histoire.

LE GRAND SALON

Le grand salon constitue l’une des plus belles pièces d’apparat du château.
Par ses proportions harmonieuses, ses dispositions et sa clarté, il illustre parfaitement le raffinement architectural du XVIII siècle, marqué par le goût de la symétrie et de la lumière.
Les boiseries sculptées, rehaussées de dorures, encadrent de grands miroirs et soulignent la hauteur du plafond.
Cette pièce, à la fois salon de réception et lieu de cérémonies, abritait autrefois, du temps de la famille d’Argenson, les tapisseries de la manufacture des Gobelins consacrées à l’Histoire de Don Quichotte, réalisées entre 1732 et 1736.
Offertes en 1736 par le Régent, Philippe d’Orléans, au comte d’Argenson, en témoignage d’amitié et de reconnaissance, elles rappellent la place éminente du ministre dans la vie politique et artistique de son siècle.

Grand salon.
Petit salon ou salle de billard.

LE PETIT SALON OU SALLE DE BILLARD

Actuellement salle de billard, ce salon est dénommé « petit salon » dans les mémoires des peintres Taillebourg et Voyer en 1905-1906.
Comme le salon des Batailles, il prolongeait le salon central lors des grandes réceptions.
La pièce contient une cheminée du XVIII siècle, la seconde du corps central, conçue en 1750 par le célèbre sculpteur ornemaniste Nicolas Pineau (1684-1754) pour la galerie du château d’Asnières, première réalisation architecturale majeure du marquis de Voyer (1750-1752).
Cette cheminée rocaille de style exubérant a été identifiée grâce au modèle en trompe-l’œil conservé au musée de l’Ermitage à Saint-Pétersbourg.
Elle fut acquise par la famille d’Argenson à la fin du XIX siècle, au moment du démantèlement du décor du château d’Asnières.

LA SALLE À MANGER

Située au rez-de-chaussée du grand pavillon gauche du XVIII siècle, la salle à manger est l’une des réalisations majeures de l’architecte Coulomb aux Ormes.
Agréablement orientée au sud-ouest et largement ouverte sur le jardin par cinq croisées, elle se distingue par son décor de stucs et de marbres polychromes.
Cette ornementation fait référence à celle conçue par Charles de Wailly au XVIII siècle et, précédemment, à celle exécutée pour la salle à manger du château d’Asnières en 1754.
Réalisée en 1908, la pièce a été revêtue de stucs variés par les stucateurs parisiens Rousselet père et fils.
On retrouve au-dessus de la cheminée, de style rocaille en marbre Rance, un portrait en médaillon de Louis XV, tel qu’il figurait encore à cet endroit au XX siècle, du temps des d’Argenson.
Le buste de Voltaire, copie du modèle célèbre de Jean Houdon, témoigne — avec ceux de Diderot et de Rousseau — de l’esprit des Lumières et du centre intellectuel que représentait le château avec l’Académie des Ormes.

Salle à manger.
Vue perspective des trois pièces en enfilade de la bibliothèque.

LA BIBLIOTHÈQUE

La bibliothèque abritait, sous le comte Marc-Pierre d’Argenson — l’un des plus éminents bibliophiles de son temps — plus de 6 000 ouvrages.
Après la cession des plus beaux volumes au marquis de Paulmy en 1764, aujourd’hui conservés à la bibliothèque de l’Arsenal à Paris, la collection fut enrichie par le marquis de Voyer à la fin du XVIII siècle, puis par Sophie de Rosen, épouse du marquis d’Argenson, en 1801.
Au début du XX siècle, elle comptait près de 8 000 ouvrages.
Divisée en trois grandes salles par le marquis Marc-René-Marie d’Argenson sous le Consulat, deux d’entre elles ont été restaurées par M. Abbou, propriétaire actuel du château, dans les années 2000, afin de leur redonner leur lustre d’antan.