Le château
LE VESTIBULE
C’est par le vestibule que l’on accède aux intérieurs du château.
Long de 70 mètres, large de 6 mètres et haut de près de 6 mètres, il impressionne par ses proportions majestueuses, avec un sol en marbre blanc et cabochon noir.
Le célèbre architecte Coulomb a renforcé son caractère spectaculaire en y plaçant, sur la droite, un grand escalier à palier intermédiaire doté d’une élégante rampe en fer forgé menant au premier étage.
L’ampleur et la solennité de cet espace illustrent le goût de l’époque pour la mise en scène et la grandeur architecturale. Ce vestibule est décoré avec des tableaux des Fables de la Fontaine : 8 tableaux, carton de tapisserie en peinture qui permet aux lissiers de faire une tapisserie.
Cet espace dessert notamment le Salon des Batailles et le Grand Salon, annonçant dès l’entrée la richesse et l’harmonie des intérieurs du Château des Ormes.
LE SALON DES BATAILLES
Situé à droite du vestibule, le salon des Batailles rend hommage aux hauts faits militaires du comte d’Argenson, ministre de la Guerre de Louis XV. Ses murs étaient autrefois ornés de grandes toiles du peintre Pierre Lenfant, représentant notamment la bataille de Fontenoy, victoire décisive de 1745. Ces tableaux, aujourd’hui dispersés, ont été remplacés par des panneaux décoratifs peints de scènes chinoises, témoignant de l’évolution du goût et du raffinement des décors au fil du temps. Témoin de gloire et de fidélité, l’histoire de ce salon rappelle combien le Château des Ormes fut, au XVIIIᵉ siècle, un lieu de prestige et d’histoire.
Dans ce salon sont présentés plusieurs pianos-forte issus de la collection personnelle de Monsieur Sydney Abbou, ancêtres du piano moderne — instruments à clavier et à cordes frappées de cinq octaves — dont un Érard de 1789 ainsi que des modèles plus récents datant de 1810 à 1860.
LE GRAND SALON
Le grand salon constitue l’une des plus belles pièces d’apparat du château. Par ses proportions harmonieuses, ses dispositions et sa clarté, il illustre parfaitement le raffinement architectural du XVIIIᵉ siècle, marqué par le goût de la symétrie et de la lumière.
Les boiseries sculptées, rehaussées de dorures, encadrent de grands miroirs et soulignent la hauteur du plafond. Cette pièce, à la fois salon de réception et lieu de cérémonies, abritait autrefois, du temps de la famille d’Argenson, les tapisseries de la manufacture des Gobelins consacrées à l’Histoire de Don Quichotte, réalisées entre 1732 et 1736. Offertes en 1736 par le Régent, Philippe d’Orléans, au comte d’Argenson, en témoignage d’amitié et de reconnaissance, elles rappellent la place éminente du ministre dans la vie politique et artistique de son siècle. Ces tapisseries, données en dation à l’État français, sont aujourd’hui conservées et présentées au musée du Louvre. Le conservateur du musée du Louvre a permis au propriétaire de réaliser une reproduction afin de la présenter aux visiteurs du château des Ormes.
LE PETIT SALON OU SALLE DE BILLARD
Actuellement salle de billard, ce salon est dénommé « petit salon » dans les mémoires des peintres Taillebourg et Voyer en 1905-1906. Comme le salon des Batailles, il prolongeait le salon central lors des grandes réceptions.
La pièce contient une cheminée du XVIIIᵉ siècle, la seconde du corps central, conçue en 1750 par le célèbre sculpteur ornemaniste Nicolas Pineau (1684-1754) pour la galerie du château d’Asnières, première réalisation architecturale majeure du marquis de Voyer (1750-1752).
Cette cheminée rocaille de style exubérant a été identifiée grâce au modèle en trompe-l’œil conservé au musée de l’Ermitage à Saint-Pétersbourg. Elle fut acquise par la famille d’Argenson à la fin du XIXᵉ siècle, au moment du démantèlement du décor du château d’Asnières.
LA SALLE À MANGER
Située au rez-de-chaussée du grand pavillon gauche du XVIIIᵉ siècle, la salle à manger est l’une des réalisations majeures de l’architecte Coulomb aux Ormes. Agréablement orientée au sud-ouest et largement ouverte sur le jardin par cinq croisées, elle se distingue par son décor de stucs et de marbres polychromes.
Cette ornementation fait référence à celle conçue par Charles de Wailly au XVIIIᵉ siècle et, précédemment, à celle exécutée pour la salle à manger du château d’Asnières en 1754.
Réalisée en 1908, la pièce a été revêtue de stucs variés par les stucateurs parisiens Rousselet père et fils.
On retrouve au-dessus de la cheminée, de style rocaille en marbre Rance, un portrait en médaillon de Louis XV, tel qu’il figurait encore à cet endroit au XXᵉ siècle, du temps des d’Argenson.
Le buste de Voltaire, copie du modèle célèbre de Jean Houdon, témoigne — avec ceux de Diderot et de Rousseau — de l’esprit des Lumières et du centre intellectuel que représentait le château avec l’Académie des Ormes.
LA BIBLIOTHÈQUE
La bibliothèque abritait, sous le comte Marc-Pierre d’Argenson — l’un des plus éminents bibliophiles de son temps — plus de 6 000 ouvrages.
Après la cession des plus beaux volumes au marquis de Paulmy en 1764, aujourd’hui conservés à la bibliothèque de l’Arsenal à Paris, la collection fut enrichie par le marquis de Voyer à la fin du XVIIIᵉ siècle, puis par Sophie de Rosen, épouse du marquis d’Argenson, en 1801.
Au début du XXᵉ siècle, elle comptait près de 8 000 ouvrages.
Divisée en trois grandes salles par le marquis Marc-René-Marie d’Argenson sous le Consulat, deux d’entre elles ont été restaurées par Monsieur Sydney Abbou, propriétaire actuel du château, dans les années 2000, afin de leur redonner leur lustre d’antan.