Les objets remarquables
LES SERRURES
Le Château des Ormes conserve une exceptionnelle collection de serrures, heurtoirs et verrous des XVIIᵉ et XVIIIᵉ siècles, chefs-d’œuvre de ferronnerie d’art. Ces pièces ornent encore certaines portes d’origine, notamment celle d’un cabinet où le comte d’Argenson aimait autrefois se retirer pour lire et réfléchir.
Chaque motif, ciselé à la main, évoque la précision et la créativité des artisans de l’époque — feuillages, volutes, lions ou armoiries familiales, comme le célèbre lion des d’Argenson.
Fonctionnelles autant qu’ornementales, ces ferrures traduisent un savoir-faire rare où le métal devient sculpture. Elles rappellent combien le souci du détail faisait partie intégrante de l’art de vivre au Siècle des Lumières.
L’HERBIER DU MARQUIS D’ARGENSON
Redécouvert en 2001 dans l’aile d’Argenson, l’herbier du marquis Marc-René-Marie d’Argenson constitue l’un des plus importants herbiers privés de France. Commencé en 1804, il réunit plus de 3 000 spécimens végétaux issus du domaine et de ses voyages, répartis dans 85 volumes méticuleusement reliés.
Chaque planche, annotée d’une écriture précise et régulière, reflète la rigueur scientifique et la sensibilité naturaliste du marquis, qui voyait dans l’observation de la flore un prolongement de la pensée éclairée.
Restauré avec soin, cet ensemble exceptionnel a reçu en 2003 le Prix Hubert Heilbronn et ses enfants décerné par La Demeure Historique.
Véritable encyclopédie végétale, l’herbier incarne la rencontre entre art et science, et perpétue au Château des Ormes l’esprit d’étude et de contemplation cher aux Lumières.
LA CENTRALE ELECTRIQUE
Installée en 1906 dans l’ancien pavillon du portier, devant le pavillon en retour de l’aile d’Argenson, la centrale électrique fit du Château des Ormes l’une des toutes premières demeures électrifiées de la région.
Cette innovation marqua une véritable révolution dans la vie quotidienne du domaine, mêlant ingéniosité mécanique et confort moderne.
Mise en œuvre par l’ingénieur-constructeur poitevin Charles Gaillaud, elle constitue aujourd’hui l’un des derniers modèles de ce type conservés en France et témoigne de la fascination continue de la famille d’Argenson pour le progrès.
L’HORLOGE
Située dans le médaillon central du fronton de l’aile Pussort, l’horloge domine la cour d’honneur du Château des Ormes.
Cette aile, rebâtie entre 1757 et 1759 pour s’harmoniser avec le reste des bâtiments, illustre l’unité architecturale voulue par le comte Marc-Pierre d’Argenson.
Le fronton est orné d’une couronne, d’un lion — celui de Saint Marc de Venise — et d’une licorne, emblèmes de la famille d’Argenson.
Par cette composition allégorique, l’horloge de ce fronton symbolise à merveille la devise des d’Argenson, « Vis et prudentia vincunt » — la force et la prudence triomphent — unissant le temps, la puissance et la sagesse.
LE CANOT SUZETTE II
Fabriqué en 1902, le canot Suzette II est à ce jour le plus ancien canot à moteur conservé connu.
Outre les compétitions auxquelles il participait, il servait aux promenades sur la Vienne de la famille d’Argenson et de ses hôtes, symbolisant l’élégance et la modernité de la vie au château à la Belle Époque.
Redécouvert en 2001 dans la grange des communs, enfoui sous divers matériaux, il a été classé monument historique en 2002 avant d’être restauré en 2006.
Symbole à la fois de raffinement et d’innovation, Suzette II témoigne de l’intérêt constant de la famille d’Argenson pour le progrès et les inventions de son temps.