Une architecture magistrale des XVIIIe et XXe siècles, pleine de surprises…

Une architecture magistrale des XVIIIe et XXe siècles, pleine de surprises…

1 juillet 2016 Non Par chateaudesormes

Un château d’exception, œuvre des plus grands architectes du temps

Pavillon central dtail_chateau_paris

Pavillon central (1903-1907)

Le château des Ormes fut pendant plus de deux siècles et demi la demeure d’une des grandes familles de l’aristocratie française : les Voyer d’Argenson. La notoriété des lieux est liée à deux de leurs plus illustres membres au XVIIIe, véritables figures du Siècle des Lumières : le comte Marc-Pierre de Voyer de Paulmy d’Argenson, ministre de la Guerre de Louis XV, et son fils, Marc-René, marquis de Voyer, esprits éclairés, amis des philosophes, dont Diderot et D’Alembert qui dédièrent au comte le premier tome de l’Encyclopédie, ouvrage emblématique du siècle (cf. Maison des Illustres).

bergerie

Grange-écurie, dite Bergerie (1766-1769)

En arrivant dans la ville des Ormes, on est d’abord surpris par une superbe construction du XVIIIe siècle, conçue par Charles De Wailly (1730-1798), célèbre architecte néo-classique : la Bergerie. Ancienne grange-écurie du marquis de Voyer, devenu bergerie au début du XIXe siècle, d’où son nom, ce bâtiment entendait impressioner le voyageur de passage aux Ormes, sur la route de Paris à l’Espagne via Bordeaux (actuelle RD 910).

Dtail relief bergerie

Détail du fronton par Augustin Pajou (1769)

Réalisé de 1766 à 1768 par Jean-Baptiste Vautier, architecte et sous-inspecteur du canal d’Orléans, maître d’œuvre du marquis de Voyer aux Ormes, il est orné au fronton d’un impressionant relief figurant Cybèle recevant l’offrande de toutes les productions de la terre, réalisé par le sculpteur du roi Augustin Pajou (1730-1809) en 1768-1769.

Modèle de la statue de Louis XV

Modèle de la statue de Louis XV

Transporté au printemps 1769 en plusieurs morceaux par gabare depuis Paris, le relief fut assemblé en mai par Marnay, entrepreneur de maçonnerie des Ormes. Ce bâtiment est la propriété de la municipalité depuis la mort du marquis Marc-Pierre-Aurélien d’Argenson en 1975.

seconde grille

Seconde grille du château

On accède au château par la grille principale en vis-à-vis qui ouvre sur une longue et belle allée de platanes, au bout de laquelle se trouvait autrefois la statue pédestre de Louis XV par Jean-Baptiste Pigalle (1714-1785), noyée dans la Loire lors de son transport à Nantes sous la Révolution.

Passé la seconde grille, rétablie dans les années 1900, on arrive sur la grande cour ou cour d’honneur où le château déploie toute sa majesté. Un sentiment de stupeur et d’émerveillement saisie le visiteur devant l’ampleur des lieux, la beauté de l’architecture et l’intense blancheur de la pierre de Touraine.

Buste de Charles De Wailly par Augustin Pajou (Musée des Beaux-arts de Lille)

Buste de Charles De Wailly par Augustin Pajou (Musée des Beaux-arts de Lille)

Les bâtiments actuels ont été érigés à des époques différentes : les ailes latérales et leur pavillon en retour ont été construites ou reconstruites (aile Pussort, dite aussi « de l’Horloge »), de 1757 à 1764, par l’architecte tourangeau Pierre Meusnier (1702-1781), ainsi que les deux grands pavillons latéraux au fond de la cour.

Ces bâtiments ont été voulus par le comte Marc-Pierre de Voyer d’Argenson lors de son exil aux Ormes par le roi Louis XV entre ces deux dates.

Le pavillon central et les ailes en terrasse de part et d’autre, érigés de 1903 à 1907 à l’emplacement du fameux logis de Charles De Wailly, démoli en 1822, sont l’oeuvre du grand architecte parisien de la Belle Epoque, Alfred Coulomb (1838-1929).

Soucieux de s’intégrer aux bâtiments XVIIIe existants, il reprit leur style rocaille en s’inspirant des créations d’Ange-Jacques Gabriel, premier architecte de Louis XV, dont le château de Bellevue.

Grand vestibule et galerie

Grand vestibule et galerie

Les intérieurs, avec leurs impressionnant vestibule, vastes salons et salle à manger, grande bibliothèque et leurs deux superbes cuisines des XVIIIe et XIXe siècles, se veulent, à leur tour, le reflet de ces temps fastueux que furent le Siècle des Lumières et la Belle Epoque.

Fourneau potager XVIIIe

Fourneau potager XVIIIe

Ils ne laisseront pas de surprendre le visiteur également ! Un mobilier de différentes époques a été réuni avec soin par les actuels propriétaires afin de faire revivre l’atmosphère d’une grande demeure aristocratique à ces moments de notre histoire.

Dans la basse-cour à droite, derrière l’aile Pussort, dite aussi « de l’Horloge », se trouvent différents bâtiments dévolus au fonctionnement du château dont une très rare boulangerie.

Ancienne colonne du portique De Wailly (XVIIIe) et Suzette II (1902)

Ancienne colonne du portique De Wailly (XVIIIe) et Suzette II (1902)

Dans un ancien hangar, on a installé un exceptionnel canot à moteur, témoin de la vogue du yachting automobile de la Belle Epoque, dénommé Suzette II.

Redécouvert en 2001, classé monument historique en 2002, ce canot a été restauré en 2006 et présenté au public depuis lors. On trouvera également dans ce local les anciennes colonnes doriques du portique de l’ancien corps de logis conçu par De Wailly. Il s’agit des seuls vestiges de cette réalisation célèbre de l’architecte.

Au fond de la basse-cour, on pénètre dans le parc du château. Par une grille, à gauche, on peut découvrir l’ancienne glacière, rebâtie en 1807 à l’emplacement de celle du comte d’Argenson. On pénètre ensuite dans les jardins du château situés sur une ancienne terrasse donnant sur la Vienne.

la centrale électrique à moteur essence

la centrale électrique à moteur essence

Autre rareté et curiosité des lieux : la centrale électrique à moteur essence établie dans l’ancien pavillon du gardien, à droite de la cour d’honneur, en 1906. Dévolue à l’alimentation électrique du château, elle constituait alors le comble du luxe et de la modernité à une époque où le monde s’éclairait encore largement au gaz !